La poésie s'encre de la pensée

19 avril 2012

Les inquisiteurs

Ils ont réussi, ils ont perquisitionné nos valeurs
Dans nos cages à lapins, la queue bien basse
Jouant la charité, les promesses du chasseur
Dans sa besace, nos rêves de lutte des classes.

Sous les toits des immeubles, la séparation intellectuelle
S’ébroue malveillante comme un tique chassé à la ruelle
Les pensées s’évaporent dans un flottement de jurés
Crachées, aspirées dans les bouches de l’évacué.

La discorde gagne dans les discours gravés du faux
Copiés, reproduits sans indépendance des mots
Le graveur de la fortune échauffe ses rouages
Gagnant les oreilles d’une France inerte dans ses clivages.

Des laisser-passer sans souvenirs du massacrant
Le trac, les dégoûtés, les pseudonymes osant
S'embrouillent, se mélangent, se disputent 
Pour essayer de vivre mieux sous leurs huttes.

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18 avril 2012

Dans la cour des grands

Dans la cour des grands

On joue les charades

A deviner sûrement

Pour ne pas rester en rade.

 

Dans la cour des grands

On compte ses billes

En souriant bêtement

Quand elles se multiplient.

 

Dans la cour des grands

Les parties de cache-cache

Perdent les sentiments

Et l’amour se fâche.

 

Les jeux ne sont jamais

Comme chez les petits

Innocents et gais

Dans la cour des vieillis.

 

Dans la cour des grands

On joue à l’élastique

Les doigts sous les vêtements

Pour un tour épidermique.

 

Dans la cour des grands

On use les chaussures

Sans prendre le temps

D’apprécier l’aventure.

 

Les jeux ne sont jamais

Comme chez les petits

Innocents et gais

Dans la cour des vieillis.

 

Mais les grands aussi

Comme les enfants

Tombent bien souvent

Et s’écorchent les fesses

Sur l’asphalte de la vie.

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Le pantonyme de l'amour

Je suis un pantonyme de l’amour

Un mélange de syndromes très vagues,

Des p’tits bouts définis au détour

D’aventures d’un temps avec ces dames.

 

Quand on m’écoute, j’tiens de beaux discours.

Y a pas de doutes, ils sont antonymes de ma raison.

Elle oscille au fil des histoires entre contre et pour,

Je suis un paradoxe de la déclinaison.

 

Mais c’est peut-être, oui peut-être…

 

Parce qu’j’n’ai pas trouvé mon synonyme,

Celle qui d’un coup d’œil rabattrait l’orgueil

De mon cœur de mâle sur les ailes d’un cygne.

Ça fait mal de ne pas partager mon patronyme.

 

Derrière mes allitérations, mes faux-semblants,

Je voudrai trouver mon accord, ma belle note.

Elle emporterait mon corps au lit des amants,

Mes draps trop bordés deviendraient notre litote.

 

Avec elle, j’écrirai des chansons sauvages

Chaque jour, une nouvelle déclaration.

Mes modèles, j’en ferai enfin usage

Et mon monde porterait son prénom.

 

C’est vrai, pour le moment, je suis seulement

Le Roi de la rhétorique aux yeux éteints.

J’en fais des métaphores, un brin coquin

Pour attirer les demoiselles, juste un temps.

 

Mais c’est peut-être, oui peut-être…

 

Parce qu’j’n’ai pas trouvé mon synonyme,

Celle qui d’un coup d’œil rabattrait l’orgueil

De mon cœur de mâle sur les ailes d’un cygne.

Ça fait mal de ne pas partager mon patronyme.

 

Alors peut-être, oui peut-être…

 

Que je t’attends

Pour enfin faire des rimes

Pleines de sentiments.

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Au café d'la vieille rue

Au café d’la vieille rue, sur la place

On parle d’notre vécu, c’est cocasse.

Des histoires communes, pour Léon.

Lui conte son infortune, pour de bon.

 

Dans sa voix, on entend un air de larmes

Depuis plusieurs mois, il vit dans son drame.

Cher Léon, t’as perdu toute ta joie dans la tombe

Et c’est chez Gédéon qu’t’enterres tes ombres.

 

C’est toujours avec tendresse, qu’on te sert

Un café, une Guinness pour faire taire

Ce chagrin trop présent, sur la terrasse.

Personne ne voudrait être à ta place.

 

La belle Marguerite pour te faire rire

Entame une chanson qui t’attire

Pour un petit instant hors de la peine

Et c’est en souriant, que tu enchaînes.

 

Au café d’la vieille rue, les gens s’écoutent

Les perles salées se muent sur la route

De l’amitié donnée, en timides sourires

On se sent moins seul au verbe souffrir.

 

On conjugue le passé, en clins d’œil

Il faut bien rigoler même dans le deuil.

La vie continue et en vaut la peine

Alors Léon, le cœur vaincu dit « Amen ».

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Sur le quai...

Sur le quai de la misère, les mouettes s’affolent

Il y a dans l’air, cette prière qui s’envole

Dispersant les oiseaux, dans l’air trop gris

Il n’y a rien de beau, dans ce souffle qui crie.

 

Les genoux en sang, les mains désespérées

L’écorchée du vent, pleure le vide laissé.

Comme une fin du monde, les nuages chassent le ciel

Pour une vagabonde qui hurle tout son sel.

 

Les bateaux chaloupent sur la mer agitée ,

Retenus par une corde, amarrés sur le quai

Dans ce désordre, les marins sont rentrés

Un seul manque à l’appel, la mer l’a tué.

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Les sans rêve

Voir la face des destins nauséeux

De tous rêves, de toutes croyances

Comme s’il n’était plus possible l’Heureux,

Cet état rejeté comme une chimère rance.

Qu’ont-ils fait de notre conscience ?

 

Sombrer dans l’insouciance du renié

Jour après jour des claques d’ironies

Lèchent les coeurs de l’humanité

En mots taillés au tissu de la leucémie.

Le sang s’appauvrit, les idéaux meurs.

 

Des ciseaux amputent le bon vouloir

Déchiré en lambeaux, le renouveau.

Les pensées positives traversent les couloirs

De l’indigeste sombre qui  vole les lueurs

Les malaxe et les recrache en riant.

 

L’état d’esprit battant est pris en grippe

Par ceux déjà malade du découragement

Crise, crime, éternuement contre l’idéal

Sortons nos mouchoirs en ralliement

Levons nos poings contre la fatalité.

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Poème d'amour

J’irai bercer ses lunes quand viendra le jour

Cacher au creux des dunes, je lui ferai l’amour

Disparaître son écume sans faire de discours.

 

Je demanderai aux oiseaux de lui chanter

La grâce d’un sourire au soleil levant

Eveiller son désir à la douceur du vent.

 

Je soufflerai les feuilles mortes à ses pieds

Pour balayer l’automne bien trop présent

A son âme sourde aux autres saisons.

 

Je raviverai la flamme au fond de son âtre

Réchauffant ses lèvres d’un baiser doré

Pour ressusciter sa bouche au feu inavoué.

 

Et ses lunes laisseront place à la lumière

D’un sentiment d’une vie où les ombres

Ne l’habilleront plus de leur manteau sombre.

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L'Humain d'abord

Imaginez un monde où les sourires

Seraient simplement naturels,

Imaginez ce lieu où souffrir

Ne serait plus un verbe mortel

Distiller par le gouvernement !

 

N’a-t’on pas assez de préoccupations

Avec la maladie, la mort,

Les peines de cœur, la civilisation

Qui détruit encore

Notre Terre déjà endommagée ?

 

Faut-il continuer à laisser les valeurs

S’enterrer sous des couches de lois

Abjectes, pour seules vecteurs

D’enrichir les plus riches ?

 

Faut-il fermer les yeux,

Se prosterner devant eux,

Ceux qu’on dénonce chaque jour

Leur donnant carte blanche

Pour leurs mauvais tours ?

 

Où alors pourrait-on retrouver

La dignité pour tout le monde,

Vivre enfin la solidarité,

Enterrer l’égoïsme qui gronde

Son mauvais rictus comme des bombes

Portées aux pieds de chaque être humain ?

 

Ensemble, ouvrons les yeux

Soyons enfin dignes d’avoir une âme.

« L’Humain d’abord »

Soyons d’accord.

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Mourir l'indifférence

Combien de silences
Pour tuer un espoir ?
Combien de larmes
Faut-il verser à l’usure
Des rides de tristesse
Avant de s’embourber
Dans les berges
Du mépris boueux
Renvoyé par les yeux
Des esclaves de l’égoïsme ?
Combien de pas encore
Sans trébucher sur la révolte
Des oubliés, des bannis
De la vie misérable
Des robots sans âme
A la dérive du cœur
A la conscience égarée
Derrière la bulle desséchée
De l’humanité qui se meurt ?
Je rêve de l’éveil
De ces gens endormis
Au seuil de la réalité.
Je rêve de mourir
L’indifférence.

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Aux tables des stratèges

Dans les grandes villes,
Les grandes tables,
L'étable des corrompus,
Les dîners des Judas
L’hostie à la bouche
Et l'arsenic dans les plats.
Les lieux in
Du m'as-tu vu,
Les flashs s'invitent
Aux desserts des élus.
Les tours de passe-passe
Entre l'entrée et la résistance
Qu'on met à la cave
Dans les poubelles des reniés.
Que seraient les politiques
Sans les lieux fric et chic,
Des assiettes, au menu les affaires
Des repas dignes des hautes sphères ?
Ça saigne, ça signe
D'une fourchette et d'un couteau,
Planté là,
Au milieu de notre dos.

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